Santé : Le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo teste son plan blanc

Le Centre hospitalier universitaire Yalgado Ouédraogo, avec l’appui du Centre de réponse aux urgences sanitaires (CORUS) et d’autres partenaires, a organisé, ce samedi 27 mai 2023, un exercice de simulation grandeur nature pour tester le plan blanc de l’hôpital. Il s’agit d’un exercice au cours duquel un important nombre de patients arrivent au CHU à la suite d’une situation d’urgence (catastrophe, intoxication, etc.). Comment l’hôpital s’organise-t-il pour leur prise en charge ?

Une situation d’urgence sanitaire peut survenir à tout moment, nécessitant la prise en charge d’un grand nombre de patients. Ce fut par exemple le cas de l’afflux de blessés lors de l’attaque de Cappuccino en 2016. L’hôpital Yalgado Ouédraogo, qui est le plus ancien et l’un des plus grands centres hospitaliers du Burkina, doit donc se préparer en conséquence pour y faire face.

C’est pourquoi, avec l’appui de ses partenaires, notamment le CORUS, l’hôpital a rédigé un plan blanc. 

Ce plan permet de savoir comment réagir en cas d’urgence. « C’est un référentiel conçu par l’ensemble des acteurs pour faire face à un éventuel afflux massif de patients que nous recevrons au CHU Yalgado Ouédraogo, quelle que soit la circonstance, quelle que soit l’origine », a expliqué Ousmane Néré, directeur général du CHU Yalgado Ouédraogo.

Et c’est pour éprouver la cohérence de ce plan blanc, identifier ses forces et faiblesses qu’a été initié cet exercice de simulation grandeur nature d’une situation d’urgence. Il a été organisé en collaboration avec l’OMS, Jhpieogo, AFNET, la Croix-Rouge, la Brigade nationale des sapeurs-pompiers, les forces de sécurité et le CORUS.

Ousmane Néré, directeur général du CHU Yalgado-Ouédraogo.

Défilé d’ambulances, afflux d’un grand nombre de victimes en l’espace d’une heure et l’occasion de tester les services de l’hôpital, notamment les services de soins et d’aide au diagnostic, dans la gestion de ces patients. Un exercice nécessaire, à en croire Pr Nazinigouba Ouédraogo, professeur d’anesthésie-réanimation, chef du département d’anesthésie- réanimation du CHU Yalgado Ouédraogo et coordonnateur médical du plan blanc.

« Pour ĂŞtre efficace, il faut avoir pensĂ© Ă  l’avance comment faire et Ă©crire cela sous la forme d’un plan cohĂ©rent pour permettre d’organiser les moyens aussi bien humains que matĂ©riels pour rĂ©pondre Ă  la situation (…) On peut avoir Ă©crit un très beau plan et puis quand on commence Ă  le mettre en Ĺ“uvre, ça ne va pas du tout, tout va de travers. Donc il est nĂ©cessaire de faire des exercices (…) DĂ©jĂ  en temps normal, que ce soit en traumatologie, aux urgences mĂ©dicales ou Ă  la maternitĂ©, nos patients sont Ă  terre. Ça c’est ce qui nous arrive au quotidien. Mais si 20, 30, 50, 100 victimes arrivent, comment cela va se passer ? C’est ce Ă  quoi rĂ©pond ce test », confie Pr OuĂ©draogo.

Dr Joseph Soubeiga, directeur du CORUS, a expliqué que l’exercice va permettre de tester plusieurs fonctions du plan blanc, notamment la capacité de l’équipe de crise du CHU à coordonner une urgence sanitaire. L’exercice va aussi tester les capacités des structures médicales à prendre en charge les victimes et aussi la capacité de la cellule de crise à communiquer avec le public et à gérer l’afflux des patients et des accompagnants de malades.

À l’issue de l’exercice, une fois les insuffisances constatées, des recommandations seront formulées afin de réadapter le plan blanc, de sorte à ce que l’hôpital puisse faire face de façon efficace à une urgence sanitaire.

Justine Bonkoungou